par le Pr. Michel Degrange
Les apports de la dentisterie adh ésive, en termes d’économie tissulaire, de biocompatibilité et d’esthétique font partie aujourd’hui de l’évidence clinique. Le collage a permis d’accroître singulièrement l’indication de restaurations « a minima ». Combien de situations cliniques qui étaient, il n’y a pas si longtemps du ressort de la prothèse fixée peuvent être aujourd’hui abordées avec une bonne espérance de longévité et en une seule séance, par des techniques de restauration directes ? L’avènement du collage correspond en toute logique au développement de nouveaux matériaux, notamment composites plus résistants et aux propriétés optiques très similaires à celles de la dent. Pourtant la dentisterie adhésive contrairement aux techniques conventionnelles, est très sensible à la manipulation. C’est que le résultat final d’un traitement dépend en grande partie de la rigueur de sa mise en œuvre. Il est évident aujourd’hui que de toutes petites erreurs de mise en œuvre peuvent compromette la durabilité d’un traitement. La procédure adhésive est une étape courte mais cruciale du traitement restaurateur. Le clinicien doit prendre conscience qu’un simple écart dans l’application de son adhésif peut être la cause de sensibilités postopératoires et peut sensiblement réduire la longévité de sa restauration. Au cours de cet exposé, on exploitera l’expérience de plus de 25 ans d’essais cliniques et de laboratoire ainsi que les données accumulées pendant 8 ans au cours des « batailles des adhésifs » ou des « batailles des colles », pour dégager quelques règles simples de sélection et de mise en œuvre d’un adhésif. Les biomatériaux composites ont subi également une singulière évolution qui leur permet d’allier aujourd’hui des qualités de résistance à des propriétés optiques qui leur permet de réaliser des restaurations quasi invisibles. On tentera également d’énoncer quelques critères de sélection que chacun pourra facilement exploiter pour choisir le matériau qui correspond le mieux à sa pratique.